Breath-Control, chloraethyl, protoxyde d’azote : si tu as envie de crever en cours de plan…

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Dernière M.A.J. le 11/10/2017

L’année dernière, en 2016, ce ne sont pas moins de 3 personnes que je connaissais qui sont décédées lors de plans « Breath-Control / Rebreathing »  avec introduction de protoxyde d’azote ou de chloraethyl.
Pour cette année 2017, j’en ajoute déjà 2 de plus… et cela fait des années que cela dure à ce rythme !

Loin de moi l’intention de poser un interdit, mais il est nécessaire de bien vous informer à ce sujet

Déjà, le breath-control « simple » n’est pas anodin : c’est une pratique extrême, et extrêmement dangereuse quand elle est mal maitrisée. Quand je parle de breath-control, cela intègre toutes les pratiques associées : contrôle de la respiration, rebreathing (recyclage du bol d’air expiré), suffocation, mais aussi –heureusement beaucoup plus rares et fondamentalement très dangereuses– la strangulation ou même la pendaison : je n’en parlerai pas ici.

En Breath-Control, le risque létal, le risque mortel, existe bel et bien… ainsi que les complications à l’issue d’un plan même anodin qui, en apparence, s’est bien déroulé : atteintes au système nerveux central, paralysie faciale ou paralysie d’un membre, troubles durables de la vision, acouphènes… Bref : on ne fait pas ça n’importe comment, ni avec n’importe qui !
Il faut au domi de très sérieuses connaissance de gestion de l’urgence et de la réanimation ! Et des connaissances très solides en physiologie…

Et puis, une évidence : on ne joue JAMAIS en solo au breath-control ! Ce serait comme sauter à l’élastique dans le vide, mais : avec un élastique beaucoup, mais alors vraiment beaucoup trop long…

CHLORAETHYL & PROTOXYDE = DANGER ABSOLU !
C’EST LA MORT AU TOURNANT…

Le pire de tout, le plus dangereux de tout, c’est lorsqu’en plan Breath-Control / Rebreathing, on vous fait inhaler du protoxyde d’azote ou du chloraéthylène.

(voir quelques illustrations ci-dessous)

Ces produits détournés sont très hautement dangereux, peuvent très facilement déclencher un arrêt respiratoire ou/et un arrêt cardio-respiratoire, et si le gars qui vous fait ça n’a pas les compétences et les équipements d’un anesthésiste-réanimateur : sachez que votre pronostic vital est immédiatement engagé au moindre  incident  en cours de plan !
Quand je parle d’équipements nécessaires : c’est un monitoring complet (cardio-respiratoire) du « patient » avec dosage en continu de la saturation en O², Co et Co², une unité d’assistance respiratoire, un défibrillateur… et les couilles de faire une injection intracardiaque d’adrénaline si le palpitant ne redémarre pas !
Bref : l’usage de ces substances n’est pas donné à tout le monde, sinon, le danger est évident. N’écoutez pas ceux qui disent « moi, je gère » : ils sont simplement dangereux… et voilà pourquoi :


Protoxyde d'azote - N2O - peut être mortel en cours de BreathControl
Le N2O, ou PROTOXYDE D’AZOTE,

ici présenté en vulgaire version cartouches pour siphon alimentaire. Je sais, ça semble totalement inoffensif… il y en a même dans toutes les cuisines !
Le protoxyde d’azote est utilisé dans l’univers médical comme gaz anesthésiant (sauf dans la pharmacopée française) ou relaxant, il nécessite dans son usage anesthésique que le patient soit monitoré, sous assistance respiratoire constante, avec un personnel qualifié (anesthésiste-réanimateur) pour prévenir d’un arrêt respiratoire ou/et cardio-respiratoire qui est un incident très fréquent lors d’une anesthésie générale… et: c’est bien là le cas dans l’usage qui en est fait dans ce contexte !!!
La « zone rouge » physiologique (effet perçu) serait autour de 12 grammes inhalés pour 70 kg chez un sujet en parfaite condition physique, en association à 1:1 en oxygène pur (O²)… alors qu’une cartouche, c’est 8 ou 16 grammes purs (sans O²) selon le modèle… et quand j’entends que des mecs, en cours de plan, peuvent enfiler 6, 7, 8, 10 ou même 12 cartouches ( !!! ) sans aucun apport d’O² et à saturation en Co et Co² puisqu’on est en breath-control, et cela en l’espace de seulement quelques minutes : ils ne savent pas du tout ce qu’ils font ! Ils jouent vraiment avec la vie des autres… jusqu’au jour où ils vont tout perdre.
A ces doses : paralysie du diaphragme / pulmonaire certaine (arrêt respiratoire, cessation durable du réflexe pulmonaire par saturation de N2O dans les alvéoles), et : arrêt cardio-respiratoire quasi-garanti !


Chloraethyl - Chloraethylene - Dr Henning - Peut être mortel en cours de plan BreathControlChloraethyl - Chloraethylene - Dr Henning - Peut être mortel en cours de plan BreathControl
Le CHLORAETHYL ou CHLORAETHYLENE ou ETHYL CHLORIDE

est de la famille pharmacocinétique du chloroforme. Comme son nom l’indique, c’est un dérivé chloré : ça commence très mal.
Il génère un froid intense (environ -60°C), et n’est plus utilisé que comme anesthésique de surface (tatouage, piercings, micro-interventions dermatologiques) en raison de sa dangerosité extrême pour la santé quand il est inhalé (destruction du système hépatique : le foie… et atteintes irréversibles au système nerveux central). C’est un toxique. Il est aussi utilisé en usage externe comme « bombe de froid » pour les contusions musculaires (usage interdit en France), mais : il peut déclencher une paralysie faciale et des complications œsophagienne et bronco-pulmonaires, etc…
Lorsqu’il est inhalé, tout comme le chloroforme, il peut très facilement déclencher un arrêt cardio-respiratoire et d’une manière systématique : une perte totale du tonus musculaire… (plus de force musculaire, tes jambes ne te portent plus, etc…). De plus, son effet est cumulatif : chaque inhalation se cumule, en effet physiologique durable, avec la précédente inhalation qui semble pourtant devenue inopérante, le tout avec une 1/2 vie du produit très longue pour un aérosol ce qui rend toute tentative de « dosage » pratiquement impossible !
En inhalations répétées, la « montée en escalier » des effets est de puissance exponentielle à chaque nouvelle inhalation (1:10, puis 1:100, puis 1:1000, etc…), et donc excessivement dangereuse et non contrôlable : on franchit la « ligne jaune » sans même s’en apercevoir, et c’est le KO direct !

Pour résumer : le chloraéthyle inhalé peut très facilement déclencher, sans aucun signe précurseur, une paralysie du diaphragme / pulmonaire (arrêt respiratoire, cessation durable du réflexe pulmonaire par saturation de chloraéthyle –gaz lourd qui occupera tout le volume disponible–  dans les alvéoles), suivi d’un arrêt cardio-respiratoire complet en quelques dizaines de secondes seulement !

A noter : après inhalation, attendez vous aussi à être testés positifs à l’alcootest… vous serez très rapidement bourrés avec ça.

 



DANGER DE MORT - protoxyde d'azote - N2O - gaz hilarant - chloraethyl - ethyl chloryde - chloraéthylèneVisuel de prévention libre de droits



 

 

Note marginale : je me suis beaucoup interrogé avant d’écrire cet article, de citer et montrer les substances les plus communément utilisées par des inconscients… Fallait-il les montrer, les citer, au risque de donner des idées à des tarés ? Et à la réflexion, oui !
Sinon : en cours de plan hard, qui se méfierait sans être prévenu d’une vulgaire et anodine cartouche de siphon à Chantilly sortie par un « domi » qui ajouterait un truc du genre « tu vas voir, avec ça c’est génial, et moi, je maitrise… moi je sais faire… » pour te rassurer ???

 

 

Je dédie cet article
à
« NIAGA » (27/06/1996~19/09/2017, Nantes, France),
à THOMAS (1982~13/08/2017, Vienne, Autriche), et
à DANIELE ( 1981~2007, Milan, Italie),
et à plein, plein, plein d’autres anonymes pour vous, mais : pas pour moi… ils étaient mes potes. Mais qui sait : vous en connaissiez peut-être certains…

 

 

 

7 réponses sur “Breath-Control, chloraethyl, protoxyde d’azote : si tu as envie de crever en cours de plan…”

  1. Merci pour ces informations : cela fait froid dans le dos qu’autant de mecs meurent au cours d’un plan qui devrait être un moment de plaisir et non de mort.
    C’est dingue qu’il y ait autant de mecs inconscients qui prennent des risques avec la vie d’autrui

  2. Re-bonjour

    Mon commentaire étant en attende de modération, je m’auto-modère: je connais ce produit qu’à l’hôpital, dans son utilisation « réglementée »… je viens de faire un petit tour sur le net et effectivement il y a un problème de dosage: autant le kalinox ou le méopa sont à 50-50, quid de l’utilisation de ce gaz avec les cartouches à chantilly? peu probable que les mecs injectent de l’O2 effectivement… Pur, ça doit, ça fait! de gros dégats

    1. Ben voilà, tu as tout compris…
      Et effectivement, j’ai apporté une précision au sujet du proto : il n’est pas (plus) utilisé comme gaz anesthésiant dans la pharmacopée française. Mais il l’est par ailleurs…

  3. Bien pour la mise en garde! Le détournement n’est jamais très bon…

    Actuellement le protoxyde est utilisé pour des actes faiblement à moyennement douloureux sous forme de mélange 50% NO 50% O2 pour éviter une asphyxie et administré au masque sans que les patients soit monitorés, admis en réa ou autre… Il faut juste un médecin dans les parages. Son effet est censé être euphorique et amnésiant… enfin, ça dépend des personnes: j’ai déjà vu des patients vomir à cause de vertiges importants ou faire des crises de panique (pas sympa durant une ponction lombaire). Mais donc, je suis d’accord, il y a bien un risque genre perte de connaissance sous Kalinox et bonne grosse inhalation parce que estomac plein et vomissement…

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